Cannabis & testostérone : effet sur la fertilité masculine
- Consommation hebdomadaire : concentration de spermatozoïdes réduite de 28 % (Gundersen 2015, n=1215).
- Tous les effets sur les spermatozoïdes sont complètement réversibles après 3 mois d’abstinence.
- Femmes : Le cannabis nuit à la maturation de l’ovule et à la phase lutéale – pas de consommation en cas de désir d’enfant
Le cannabis et le système hormonal masculin
La testostérone et la fertilité masculine sont des sujets pertinents pour les consommateurs de cannabis. Le système endocannabinoïde est directement intégré dans l’axe hypothalamo-hypophyso-gonadique (axe HPG) qui régule la testostérone et la production de spermatozoïdes. Les récepteurs CB1 se trouvent dans l’hypothalamus, l’hypophyse et les testicules.
Effets du THC sur les hormones masculines
| Paramètres | Effet aigu du THC | Effet THC chronique | Récupération après abstinence |
|---|---|---|---|
| Testostérone (totale) | Légère réduction transitoire | En cas de consommation élevée : 10-30% de réduction | 4-8 semaines jusqu’à normalisation |
| LH (hormone lutéinisante) | Libération pulsatile de LH atténuée | Amplitude de la LH réduite | 4-6 semaines |
| Nombre de spermatozoïdes | Pas d’effet aigu | Réduction en cas de consommation élevée (50 % de consommateurs quotidiens) | 3-4 mois (la maturation des spermatozoïdes dure 74 jours) |
| Motilité des spermatozoïdes | Pas d’effet aigu | Réduit en cas de consommation quotidienne | 3 mois |
| Morphologie des spermatozoïdes | Pas d’effet aigu | Augmentation de la proportion de spermatozoïdes morphologiquement anormaux | 3 mois |
Situation des études : cannabis et testostérone
Kolodny et al. 1974 (NEJM) : première grande étude. Les consommateurs quotidiens de cannabis avaient des taux de testostérone significativement plus bas que les non-consommateurs. Étude présentant des faiblesses méthodologiques ; mais fondamentalement importante.
Gundersen et al. 2015 (Am J Epidemiol) : n=1215 jeunes hommes danois. Consommation hebdomadaire de cannabis associée à une réduction de 28 % de la concentration de spermatozoïdes par rapport aux non-consommateurs. Consommation quotidienne + autre consommation de drogue : jusqu’à 52 % de réduction.
Hall et al. 2021 (Human Reprod) : Pas d’association statistiquement significative entre la consommation de cannabis et les paramètres du sperme dans une cohorte plus jeune et développée. Confirmation de données contradictoires.
Consensus actuel (2024) : Une consommation modérée et occasionnelle de cannabis n’a probablement qu’un effet minime sur la fertilité. La consommation quotidienne, en particulier >10 mg de THC/jour, est associée à des modifications hormonales et spermatiques. Les effets sont réversibles en cas d’abstinence.
CB1 sur les spermatozoïdes : Effet direct
Les spermatozoïdes expriment les récepteurs CB1. L’anandamide module directement la réaction acrosomique (nécessaire à la pénétration de l’ovule) et la motilité des spermatozoïdes :
– Faible taux d’anandamide : stimule la motilité
– Taux élevés d’anandamide/THC : inhibition de la motilité
Le THC entre en compétition avec l’anandamide pour le CB1 sur les spermatozoïdes – l’inhibition directe de la fonction spermatique est prouvée.
Qu’est-ce que cela signifie concrètement pour le désir d’enfant ?
En cas de désir d’enfant actif :
– Abstinence de cannabis contenant du THC au moins 3 mois avant la tentative de procréation prévue
– La maturation des spermatozoïdes dure 74 jours – tous les spermatozoïdes produits aujourd’hui ne seront prêts à éjaculer que dans 74 jours.
– CBD : aucun effet négatif pertinent sur la fertilité n’a été démontré
FOIRE AUX QUESTIONS : Cannabis et testostérone
Résumé
Le THC a des effets négatifs sur la testostérone (jusqu’à -30 %) et les paramètres du sperme en cas de consommation quotidienne, via CB1 dans l’axe HPG et directement sur les spermatozoïdes. Gundersen 2015 montre -28 % de concentration de spermatozoïdes en cas de consommation hebdomadaire. Tous les effets sont réversibles après 4-8 semaines (hormones) ou 3 mois (spermatozoïdes). En cas de désir d’enfant : abstinence de 3 mois. Le CBD n’a pas d’effets négatifs pertinents sur la fertilité. Break de tolérance pour les conseils d’abstinence ; CBD vs. THC pour la différence fondamentale.










