Cannabis et poids corporel : pourquoi les fumeurs de cannabis sont minces

Le plus important : bien que le cannabis augmente l’appétit, les consommateurs ont en moyenne des taux d’obésité inférieurs de 25 % à ceux des non-consommateurs. Contexte : la consommation chronique entraîne une dérégulation du CB1 et une augmentation de l’adiponectine.
En un coup d’œil :
  • Paradoxe : les consommateurs de cannabis ont des taux d’obésité 25 % plus faibles que les non-consommateurs.
  • Consommation chronique → dérégulation du CB1 → réinitialisation métabolique du SCE.
  • Le CBD transforme le tissu adipeux blanc en tissu adipeux brun et augmente directement la thermogenèse

Le paradoxe du cannabis : Munchies et pourtant minces ?

Le cannabis augmente l’appétit (munchies) via l’activation de CB1 dans l’hypothalamus – c’est pharmacologiquement prouvé. Pourtant, les études épidémiologiques montrent de manière cohérente que les consommateurs de cannabis ont en moyenne des valeurs d’IMC plus faibles et des taux d’obésité plus bas que les non-consommateurs. Ce paradoxe a un fondement scientifique.

Données épidémiologiques : Consommateurs et IMC

Étude Conception Résultat
Smits et al. 2010 (Am J Epidemiol) NHANES, n=52.000, utilisateurs de cannabis vs. non-utilisateurs Taux d’obésité : consommateurs 17 % vs. Non-consommateurs 25 % ; significatif même après ajustement pour les calories et l’exercice physique.
Le Strat & Le Foll 2011 (Am J Epidemiol) NESARC, n=43.093 L’obésité (IMC>30) est significativement moins fréquente chez les consommateurs de cannabis. Relation dose-dépendante : consommation plus fréquente = IMC encore plus bas
Clark et al. 2018 (Cannabis Cannabinoid Res) Revue, méta-analyse Association inverse cohérente entre la consommation de cannabis et l’IMC/le tour de taille à travers toutes les grandes enquêtes

Les mécanismes : Pourquoi la consommation de cannabis fait maigrir

Adaptation ECS et dérégulation CB1 : la consommation chronique de cannabis entraîne une dérégulation CB1 dans l’hypothalamus. Récepteurs CB1 moins actifs → appétit basal plus faible et moins de signalisation orexigène dans la vie quotidienne malgré des munchies aiguës lors de la consommation.

Augmentation de l’adiponectine : le THC augmente les taux d’adiponectine dans les études – une hormone qui augmente la sensibilité à l’insuline, favorise la combustion des graisses et réduit l’inflammation. De faibles taux d’adiponectine sont une caractéristique majeure de l’obésité et du diabète de type 2.

Modulation du bon microbiome : le cannabis modifie favorablement le microbiote intestinal : augmentation d’Akkermansia muciniphila (associée à un phénotype mince) et réduction du rapport firmicutes/bacteroidetes. Cet effet a été démontré dans des études animales (Cluny et al. 2015).

Activation de l’AMPK : le CBD active l’AMPK (protéine kinase activée par l’AMP) – le même mécanisme que la metformine. L’activation de l’AMPK augmente l’oxydation des acides gras et inhibe la synthèse des lipides.

CBD et tissu adipeux : Browning du tissu adipeux blanc

Tissu adipeux blanc (stockage d’énergie) vs tissu adipeux brun (production de chaleur, consommation de calories) :

Le CBD favorise la transformation du tissu adipeux blanc en tissu adipeux brun (browning) dans des cultures cellulaires (Parray & Yun 2016, Mol Cell Biochem). Les gènes d’oxydation des acides gras sont alors régulés à la hausse et les gènes lipogéniques à la baisse. Les études cliniques sur l’homme ne confirment pas encore directement cet effet, mais le mécanisme est bien établi.

Rimonabant : le bloqueur de CB1 pour preuve

Le rimonabant (Acomplia) était un antagoniste CB1 autorisé comme pilule de régime en Europe de 2006 à 2009. Le blocage du CB1 a entraîné
– Réduction significative du poids (8-10 % dans les ECR)
– Amélioration de la sensibilité à l’insuline
– Réduction du tour de taille

Le rimonabant a été réautorisé en raison d’effets secondaires psychiatriques graves (dépression, idées suicidaires). Mais il a prouvé de manière mécaniste : inhibition du CB1 = réduction du poids. La conclusion inverse – dérégulation chronique du CB1 par le cannabis = effet similaire – est pharmacologiquement plausible.

En savoir plus sur le sujet :

FOIRE AUX QUESTIONS : Cannabis et poids corporel

Résumé

Le paradoxe du cannabis – des munchies mais un IMC plus bas – peut s’expliquer par des mécanismes ECS : dérégulation du CB1 en cas de consommation chronique, augmentation de l’adiponectine, effets favorables du microbiome et activation de l’AMPK médiée par le CBD. Des études épidémiologiques (Smits 2010, Le Strat 2011) montrent de manière cohérente des taux d’obésité plus faibles chez les consommateurs. Des études cliniques sur la réduction du poids avec le CBD font encore défaut. Le cannabis dans le diabète pour les composés métaboliques ; le système endocannabinoïde pour les bases.

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