Cannabis pendant la grossesse : risques et études

Le plus important : le THC traverse sans problème la barrière placentaire. Le SCE fœtal se développe dès le premier trimestre. Pas de limite sûre connue – la seule limite basée sur des preuves est l’abstinence totale.
En un coup d’œil :
  • Le THC traverse la barrière placentaire et se lie aux récepteurs CB1 dans le cerveau du fœtus dès le premier trimestre.
  • Pas de limite sûre assurée – la seule limite basée sur des preuves est l’abstinence totale
  • Allaitement : Le THC est excrété dans le lait maternel et est encore détectable des mois après l’abstinence.

Cannabis pendant la grossesse : des résultats clairs sur les risques

Le cannabis est la substance illicite la plus fréquemment consommée pendant la grossesse. Dans les pays où elle est légalisée (États-Unis, Canada), la consommation des femmes enceintes a considérablement augmenté. Parallèlement, les preuves scientifiques concernant les risques pour le fœtus et le nouveau-né sont claires et cohérentes : le cannabis pendant la grossesse est associé à de multiples risques pour le développement.

Mécanisme principal : le THC est fortement lipophile et traverse facilement la barrière placentaire. Le système endocannabinoïde fœtal se développe dès le premier trimestre – des récepteurs CB1 ont été détectés dans les neurones fœtaux et dans le placenta. Le THC exogène intervient directement dans le développement cérébral du fœtus, contrôlé par le SCE.

Situation des études : risques pour l’enfant

Étude Conception Résultat
Fried et al. 2003 (Neurotoxicol Teratol) Ottawa Prenatal Prospective Study, suivi longitudinal jusqu’à 18 ans, n=70+. Exposition prénatale au cannabis : déficits de l’attention, déficits des fonctions exécutives, moins bons résultats scolaires pendant l’enfance et l’adolescence
Gunn et al. 2016 (BMJ Open) Revue systématique, 24 études Cannabis en SS : risque accru d’anémie de la mère, SGA (small for gestational age, -109g poids de naissance), association mort-né
Corsi et al. 2019 (JAMA) Cohorte canadienne, n=661.000 naissances Exposition au cannabis pendant la grossesse : augmentation significative du risque d’accouchement prématuré (+41 %) et de SGA (+53 %) ; encore significatif après contrôle pour le tabac
Sharapova et al. 2018 (Pediatrics) Cohorte PRAMS, n=16.000, USA Enfants exposés au cannabis en période prénatale : probabilité accrue d’admission à l’USIN, problèmes respiratoires à la naissance

Risque d’accouchement prématuré et poids de naissance

Le résultat le plus robuste est l’augmentation du risque d’accouchement prématuré et de SGA. Corsi 2019 (JAMA, n=661.000) est la plus grande étude à ce jour et montre après un contrôle minutieux des facteurs de confusion :
– +41 % Risque d’accouchement prématuré (avant 37 semaines de grossesse)
– +53 % Risque SGA (poids inférieur au 10e percentile)

La prématurité et le faible poids de naissance sont à leur tour des facteurs de risque de problèmes de développement neurologique, de maladies respiratoires et de maladies chroniques ultérieures.

Développement neuronal : conséquences à long terme

L’équipe de Fried a suivi des enfants exposés au cannabis pendant 18 ans. Résultats :
– Déficits de l’attention et du contrôle exécutif (planification, inhibition des impulsions)
– Impulsivité plus élevée et davantage de symptômes ressemblant au TDAH
– Tendance à la baisse des résultats scolaires
– Le THC perturbe la migration neuronale et la formation de synapses contrôlées par le CEC dans le cerveau du fœtus

Allaitement et cannabis

Le THC passe dans le lait maternel et s’y accumule (teneur en graisse du lait) à des concentrations nettement supérieures au taux plasmatique sanguin de la mère :

– THC dans le lait maternel : concentration jusqu’à 8× plus élevée que dans le sang maternel
– Demi-vie dans le lait maternel : 20+ heures
– Le foie du nouveau-né métabolise les cannabinoïdes beaucoup plus lentement que les adultes → Accumulation
– études (Baker 2018, Pediatrics) : THC détectable dans le lait maternel 6 jours après la dernière consommation

Recommandation de toutes les sociétés spécialisées (ACOG, AAP, DGGG) : Pas de cannabis pendant la grossesse et l’allaitement.

Le CBD pendant la grossesse

Le CBD n’est pas sûr. Bien que le CBD soit moins psychoactif que le THC, les études humaines sur la sécurité pendant la grossesse font totalement défaut. Des modèles animaux montrent également pour le CBD des effets inquiétants sur la fonction placentaire (suractivation du TRPV1 → vasoconstriction). La FDA et les autorités européennes déconseillent explicitement le CBD pendant la grossesse et l’allaitement.

Résultat de l’étude : étude de cohorte PANDA (n=12.000+, Canada) : La consommation prénatale de cannabis était associée à un poids de naissance plus faible, à une naissance prématurée et à un risque accru de TDAH à l’âge de la maternelle. Le THC est également excrété dans le lait maternel – encore détectable des mois après l’abstinence.
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FOIRE AUX QUESTIONS : Cannabis pendant la grossesse

Résumé

Le cannabis pendant la grossesse est clairement risqué : le THC traverse le placenta, perturbe le développement cérébral fœtal contrôlé par l’ECS, augmente significativement le risque de naissance prématurée et de SGA. Des études à long terme montrent des déficits de l’attention et des fonctions exécutives chez l’enfant. L’allaitement transmet le THC par le lait maternel en forte concentration. Le CBD est également contre-indiqué – pas de données humaines sur la sécurité. Cannabis et adolescents couvre la suite du développement ; dépendance au cannabis pour les mères concernées qui veulent arrêter.

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